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Le Bernard l'ermite
Coenobita
clypeatus
(
Fiche et photos réalisées par
Laurence Théry )
( Pseudo: Rainette )
ATTENTION:
Cette fiche a été réalisée à partir des informations
trouvées sur différents sites américains (voir en bas de la fiche),
qui m’ont aidé à maintenir mes Coenobita clypeatus, et
largement complétée par mes propres observations et expériences… et
par les réponses à mes questions sur des forums américains.
Elle ne concerne QUE le Coenobita clypeatus :
les autres espèces élevées en captivité peuvent avoir des besoins
différents, comme le compressus qui a besoin d’eau saumâtre et non
d’eau douce…
Le Coenobita clypeatus est reconnaissable à sa
grosse pince violette (qui lui vaut le nom, aux Etats Unis, de Purple
Pinch… ou « PP » pour les initiés !) et ses pattes oranges.
Présentation:
Le Coenobita
clypeatus vit dans le sud de la Floride, aux Antilles, au
Vénézuela …
Son abdomen mou
l’oblige à se protéger dans une coquille « volée » (en délogeant au
besoin son occupant) à un mollusque, aquatique ou terrestre (coquille
d’achatine par exemple).
Il a deux pinces
inégales : la pince gauche est beaucoup plus grosse et plus forte que
la droite. Il possède 2 deux paires d’antennes qui lui servent à
« tâter » le terrain, goûter les aliments, communiquer avec ses
congénères.
C’est un animal
adapté aux milieux terrestres, et non aquatiques : on peut le trouver
jusqu’à plusieurs kilomètres de la côte dans les forêts : il
transporte dans sa coquille d'emprunt une réserve d'eau dont il fait
provision en s'immergeant.
Il a des mœurs
essentiellement nocturnes, se cachant le jour sous des feuilles mortes
ou des troncs d'arbres.
Il est facile à
maintenir, seules les périodes de mue étant parfois problématiques.
ATTENTION, le
Coenobita clypeatus est un animal social, qui vit en groupe. Il
faut en avoir plusieurs –3 semble être un minimum – pour lui offrir
des conditions de vie agréables.
L’observation de
leur vie de groupe est intéressante : Toute rencontre donne lieu à des
« bavardages » parfois très longs, chacun agitant frénétiquement ses
antennes. Au terme d’une discussion, un dominant soumet parfois un
plus faible en tapant sur sa coquille avec sa grosse pince, le
« soumis » rentrant aussitôt dans sa coquille. Les origines de ces
« disputes » semblent plus être territoriales (passer devant l’autre,
être le premier à grimper à une branche…) que la recherche de
nourriture.
L’installer…
Le Coenobita
clypeatus aime escalader : le terra doit avoir une hauteur
suffisante pour lui installer des branches où grimper. Il passera
souvent ses journées « perché ».
Un ancien aquarium
fait très bien l’affaire. Les miens sont, à 5, dans un aquarium de
80x30 et 40 cm de hauteur.
Le substrat sera
généralement du sable : le sable de Loire que l’on trouve en magasin
d’aquariophilie est parfait. Il faut le rincer abondamment avant de
l’utiliser (il est parfois habité de petits insectes à l’achat). Par
précaution, un passage au micro-onde ou dans l’eau bouillante permet
de le stériliser.
Une couche épaisse
de sable humide est nécessaire pour que le Coenobita clypeatus
s’enfouisse s’il le veut (7 à 10 cm en moyenne). Le sable doit être
humide mais pas détrempé : la consistance « château de sable » est
idéale ! Faites un pâté, s’il ne s’écroule pas c’est parfait.
D’autres substrats
peuvent être utilisés : sable de bac à sable pour enfant (rincer et
stériliser obligatoirement), fibre de coco et même petit gravier
coloré (là, c’est une question de goût !).
Il faut maintenir
dans le terrarium une humidité de 70%, nécessaire pour qu’il puisse
respirer. Pour cela, un couvercle est souvent nécessaire. Un bac
(genre dessous de pot) empli d’eau et dans lequel une éponge naturelle
est bien enfoncé et coincé suffit généralement à maintenir cette
humidité. Compléter au besoin avec des vaporisations quotidiennes
d’eau de source.
Le terra doit être
à une température de 20 à 25 °C, avec si nécessaire un chauffage par
le dessus (un spot suffit : certains Coenobita clypeatus
viennent y prendre des « bains de chaleur », sortant alors presque
totalement de leur coquille !)
Le décor
comprendra donc des branches à escalader, un fond irrégulier, des
pierres (pas de gros galets ronds sur lesquels il ne trouvera pas de
prises), des plantes en plastiques. Certains éleveurs mettent dans le
fond du terra un filet fixé avec des ventouses, qui devient vite un
« mur d’escalade » très apprécié. Mettez lui aussi une cachette (en
noix de coco par exemple… il en profitera pour manger des petits
morceaux de fibre !)
Attention, laissez
assez de place « au sol » pour permettre aussi au Coenobita
clypeatus de se déplacer, il aime aussi trotter dans tous les
sens !
Le nourrir….
Le Coenobita clypeatus est un animal facile à
nourrir. Opportuniste, il mange dans la nature ce qu’il trouve :
fruits et autres végétaux, cadavres de petits animaux et poissons,
voire même du bois.
Les miens ont en
permanence :
-
des
crevettes séchées destinées aux tortues d’eau
-
de
la nourriture pour poisson en paillettes (à changer souvent en raison
de l’humidité dans le terra)
-
des
céréales non sucrées (flocons d’avoine par exemple)
-
de
l’os de sèche en poudre (facile à réduire en poudre avec un couteau
épluche-légume)
Quotidiennement,
je leur donne des aliments frais, retirés au bout de 24 h :
-
morceaux de surimi
-
morceaux d’œuf dur
-
morceaux de fruits : pomme, mangue, poire, banane…
-
morceaux de légumes : carottes râpées, salade…
Les friandises,
distribuées de temps en temps et en petite quantité :
-
de
la brioche, de la biscotte
-
du
pop-corn
-
de
la saucisse de Strasbourg en très petite quantité
-
noix, noisettes, noix de coco
Il existe dans le
commerce des granulés spéciaux destinés aux bernards l’ermite. Les
miens ne les consomment pas du tout !
On peut lui donner
des branches et feuilles à manger, mais n’ayant pas la liste des
arbres déconseillés, j’ai uniquement tenté le noisetier, apprécié
moyennement.
Le bernard
l’ermite mange très peu, en petites quantités. Il semble toutefois
apprécier un régime varié (par exemple, alterner un morceau de banane,
un morceau de surimi, un morceau de banane…. etc au cours d’un
repas !).
Il découpe avec sa
grosse pince si nécessaire, et porte les petits morceaux à la bouche
avec la petite pince. Lorsqu’on lui propose un nouvel aliment, il va
le « goûter » en y trempant ou frottant ses antennes avant de les
porter à sa bouche.
A EVITER
ABSOLUMENT :
Les produits
laitiers (yaourt, fromage, etc..)
Les sucreries ou
produits trop sucrés (biscuits..)
Les aliments
très salés (charcuterie, biscuits salés…)
La viande est
également déconseillée
L’eau
Le Coenobita
clypeatus doit avoir en permanence un petit abreuvoir dans lequel
il peut « patauger ». Attention, il ne sait pas nager : 2 cm d’eau
sont suffisants, et les bords ne doivent pas être trop difficiles à
escalader pour la sortie.
Le Coenobita
clypeatus a besoin d’eau DOUCE (eau de source, jamais d’eau du
robinet car le chlore est dangereux pour lui) contrairement à son
cousin équatorien à qui il faut fournir de l’eau saumâtre.
Les soins
Quotidiennement :
-
Contrôler l’humidité du terra et du sable, vaporiser au besoin
-
Récupérer la nourriture non consommée
Une fois par semaine…
…le Coenobita
clypeatus doit prendre son bain !
Plongez le dans un
bol d’eau douce à température du terra (attention, pas d’eau du
robinet, le Coenobita clypeatus craint le chlore !), ouverture
de la coquille vers le haut, pendant quelques secondes : il va tenter
de se dégager, en sortant de sa coquille et écartant pattes et pinces
pour trouver un appui. La coquille va alors se remplir complètement et
le « rincer » entièrement.
Sortez-le et
laissez le gambader dans une bassine avec du sopalin pour s’égoutter.
Le bain les déchaîne : c’est l’occasion de les voir courir : ils
peuvent être très rapides !
Le Coenobita
clypeatus va conserver dans le fond de la coquille une certaine
quantité d’eau, nécessaire au maintien de son humidité.
Attendez que la
coquille et les pattes soient secs pour le remettre dans le terra, sans
quoi il va se couvrir de sable.
Régulièrement :
Récupérez les
petites crottes (sans odeur aucune !) à la surface du sable en le
« ratissant ». En général elles se trouvent sous les perchoirs !
Un nettoyage
complet du terra et du substrat n’est nécessaire que tous les 6 mois
environ si un entretien régulier est fait.
La mue
Le Coenobita
clypeatus mue régulièrement, tous les 12 à 18 mois environ.
C’est une période
difficile, souvent à l’origine de pertes en élevage : les forums
regorgent de témoignages de bernard l’ermite morts à l’occasion d’une
mue.
Chez moi, sur 3
Coenobita clypeatus ayant mué, l’un est mort.
Avant la mue, le
Coenobita clypeatus devient moins actif, passe beaucoup de
temps dans son abreuvoir. Il s’enfouit ensuite dans le sable. Il est
préférable à ce moment de l’isoler dans un petit terra. Il est très
vulnérable pendant la mue. Après plusieurs semaines inactif sous le
sable, il mue réellement : il se débarrasse de son exuvie et apparaît
très pâle, presque blanc, et a besoin de quelques jours pour durcir et
se recolorer. A ce moment, les autres sont susceptibles de l’attaquer
et de le blesser.
Pendant le temps
qu’il passe sous le sable, il ne faut pas le déranger, veiller à ce
que le sable reste humide et laisser à sa disposition de l’eau et de
la nourriture : j’ai vu l’un des miens faire une « pause », sortir
pour manger et boire avant de retourner se cacher !
Juste après la
mue, il est affamé. Veiller à le nourrir abondamment et lui laisser
une source de calcium (os de seiche par exemple).
La coquille
Le Coenobita
clypeatus a besoin, après une mue, d’une coquille plus grande.
Mais il est de toute façon indispensable de laisser à la disposition
des bernard l’ermite différents coquillages : certains aiment en
changer régulièrement !
Les coquillages
peuvent se trouver en animalerie ou par correspondance sur des sites
spécialisés. Toutefois, il est très simple d’en trouver en
poissonnerie : des coquilles de très gros bulots sont parfaites.
La coquille peut
être ronde ou pointue, l’essentiel étant que l’ouverture soit large
(pas une « fente »).
Dans tous les cas,
faire bouillir quelques minutes le coquillage avant de le donner aux
Coenobita clypeatus !
La
reproduction
Je n’ai trouvé
aucune information sur la reproduction des Coenobita,
vraisemblablement tous les spécimens proposés en animalerie ou en
bourse seraient donc prélevés.
Dans la nature :
Après
accouplement, les femelles vont à la mer pondre leurs œufs (de 800 à
1200 pour une jeune femelle, jusqu’à 40 000 pour une grosse !), ce
qui donne lieu à une migration massive.
Les larves sont
aquatiques, et subissent plusieurs transformations avant de tomber
au fond de l'eau où elles vont acquérir leur forme adulte et voler
leur première coquille pour regagner la terre ferme.
La
différenciation des sexes est difficile car elle nécessite de sortir
le Coenobita clypeatus de sa coquille.
Trucs et
astuces
Faire sortir un
Coenobita clypeatus de sa coquille (avec modération !) :
le prendre par la coquille et le retourner : il va sortir pinces et
pattes pour trouver un appui et se retourner.
Faire lâcher un
Coenobita clypeatus qui pince :
impossible de faire lâcher un Coenobita clypeatus qui a attrapé un
doigt avec sa grosse pince (et c’est très douloureux) à l’occasion
d’une manipulation en tirant simplement. L’astuce : plonger le doigt
dans un bol d’eau, en immergeant le bernard l’ermite. Il lâchera
immédiatement.
Distraire son
Coenobita clypeatus :
le Coenobita clypeatus a besoin d’exercice, mais aussi de
« distraction ». Changez régulièrement le décor, la disposition des
obstacles, les branches à escalader !
De bonnes
sources d’information complémentaires :
Elles sont toutes
en anglais : je n’ai trouvé aucune information en français sur le Net.
Si vous faites une
recherche sur internet, sachez que les anglophones appellent les
bernards l’ermite « hermit crab ».
Le site de Vanessa
:
http://www.aboutlandhermitcrabs.com/ une australienne passionnée
qui a rassemblé énormément d’informations
Le forum Hermit
Crab Owners :
http://groups.msn.com/hermitcrabowners
Un groupe de discussion MSN, à visiter surtout pour les photos si vous
ne maîtrisez pas l’anglais « parlé »… avec mots d’argots, abréviations
et fautes d’orthographe !
Hermit Crab.com :
http://www.hermit-crabs.com/
le site d’une passionnée, très complet pour le clypeatus et le
compressus.
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